L'écriture, la peinture, la photo, et le jardinage sont omniprésents au quotidien. Pour l'amour de la peinture, je le dois à mon père qui malheureusement n'est plus. Lui aussi prenait souvent ces fameux chemins de traverse pour s'évader, pour respirer. Il arrivait à se déconnecter de tout son environnement lorsqu'il plongeait tête en avant dans sa toile. Moi, je lui ressemble dans ce sens et j'aime joindre à la peinture un petit texte, une poésie.
Mille neuf cent cinquante sept,
décidés ils firent la fête,
Mariage et plus tard baptème,
Cette fois ils s'étaient dit je t'aime,
Une petite fille poussa un cri
Elle lui avait donné la vie.
Ce ne fut pas facile,
Elle était si fragile,
Du haut de ses vingt ans,
Elle voulait cet enfant.
Maman était si belle,
Et à la fois si frêle,
Son regard bleu azur,
Cachait d' énormes blessures.
Il l'aimait disait-il,
A la folie rajoutait-il,
Elle ne comprenait pas,
C'était lui cette fois,
Mais qui seras-tu demain,
Me tendras-tu la main.
Difficile à cerner,
Elle s'était habituée,
A son caractère changeant,
Parfois impressionnant.
Mille neuf cent soixante et un,
Ils en eurent encore un,
Un garçon cette fois,
C'était le choix du roi,
Il naquit à la maison,
Moi j'étais une enfant,
Un cadeau arrivait,
Il fallait m'occuper,
M'inventer des histoires,
Que je voulais bien croire,
Ce cadeau merveilleux,
Qui arrivait des cieux,
Dans mes yeux impatients,
J'attendais le présent,
Un gros hélicoptère,
Voilà qu'ils inventèrent,
Bientôt se poserait,
Dans la cour du quartier.
Lorsqu'une grosse voix,
Soudain m'interpela,
Les yeux levés au ciel,
Je vis une hirondelle,
Ton petit frère est là,
Maman l'a dans les bras,
Je courais essoufflée,
Sans même réaliser.
Tout rond et tout mignon,
Bienvenue le second,
Allais-je garder ma place,
Soudain le sang me glace.
Mille neuf cent soixante six,
il fallu que je choisisse,
Prénoms tirés au sort,
Pour un nouveau trésor,
Naquit une poupée,
J'étais émerveillée,
Du haut de mes neuf ans,
J'étais sa petite maman,
Formidable petite soeur,
Belle comme un coeur
Merveilleux souvenirs
D'enfances en moi respirent.
Thès.