L'écriture, la peinture, la photo, et le jardinage sont omniprésents au quotidien. Pour l'amour de la peinture, je le dois à mon père qui malheureusement n'est plus. Lui aussi prenait souvent ces fameux chemins de traverse pour s'évader, pour respirer. Il arrivait à se déconnecter de tout son environnement lorsqu'il plongeait tête en avant dans sa toile. Moi, je lui ressemble dans ce sens et j'aime joindre à la peinture un petit texte, une poésie.
Etaler sur une toile mes états d'âme, dialoguer avec elle.
Elle est semblable à une personne qui est debout, face à moi et je lui parle.
Je m'exprime en prenant tout le temps de lui dévoiler mes secrêts les plus profonds, sans être jugée.
Bien sur, qu'elle me répond!
Ce n'est qu'au fur et à mesure que j'obtiens des réponses.
Doucement, elles émergent de la toile.
Chaque couleur, chaque nuance, chaque courbe,chaque ondulation
et bien d'autres choses encore vont dégager chaleur, froideur, rires ou larmes.
C'est un mélange parfait de nos vies intérieurs, le reflêt de nous même.
C'est notre âme qui dégage une sorte de mots de tous nos maux, des maux de tous nos ressentis et la palette en contient à l'infini, bien plus que celle sur laquelle nous pressons nos tubes de peinture.
Ma main caresse la toile, elle me caresse à son tour et m'enveloppe de sa matière fine, douce comme de la soie.
C'est une grande histoire d'amour entre nous.
Je lui donne mon coeur et elle me le rend au quintuple.
Les couleurs chaudes me réconfortent et me transportent au fin fond de la savane.
Très souvent, j'arrive à sentir la chaleur sur ma peau, les odeurs font frissonner mes narines.
Alors, je la recouvre d'éclats de couleurs, légères, épaisses, lissées, granulées, enlaçées dans un mélange de matières.
Le fond rouge flamboyant d'un climat africain, à la tombée du jour, le coucher de soleil éclatant sous lequel quelques silhouettes filiformes se pressent pour retrouver leur village.
Elles calent au dessus de leur tête d'énormes corbeilles remplies de fruits.
Elles continuent leur vie.....
Thès.